L’hydroseeding, ou semis hydraulique, est une technique de semis qui permet de semer des endroits difficiles d’accès, comme les talus, avec un mélange composé d’eau, de paillis, de colle et de semences d’herbe ou de fleurs. Ce système gagne progressivement en importance auprès des clients industriels, par exemple dans une zone portuaire comme celle d’Anvers. La société Gillis de Kieldrecht est l’une des rares entreprises belges à travailler avec ce système depuis plus de 10 ans. Nous sommes allés leur rendre visite.
Jeroen Gillis gère avec son père Pieter une entreprise spécialisée dans l’entretien industriel des espaces verts à Kieldrecht. La proximité du port d’Anvers a offert de nombreuses opportunités. Jeroen: ‘Nous proposons un ensemble tâches complet aux entreprises et d’usines, allant du désherbage à la tonte de terrains, la taille des haies, les nouvelles plantations, les travaux civils et même le service hivernal. Nous travaillons principalement dans un rayon d’environ 30 km autour de notre entreprise, bien que nous allons parfois beaucoup plus loin pour certains projets. Nous avons par exemple récemment mené un projet à bien autour de la centrale nucléaire de Tihange.’
L’hydroseeding
L’hydroseeding, ou semis hydraulique, est une technique innovante de semis qui permet de semer même les surfaces les plus difficiles avec du gazon, des mélanges de fleurs, des couvre-sols… Avec cette méthode, un mélange spécial d’eau, de paillis, de colle et de semences
est pulvérisé sur le sol sous haute pression. Cela garantit une répartition uniforme et efficace des semences, ce qui donne une végétation saine et luxuriante.
Jeroen poursuit: ‘Il y a environ 10 ans, nous recevions régulièrement des demandes d’usines pour resemer des digues car elles y rencontraient beaucoup de problèmes, entre autres, avec des lapins qui endommageaient la végétation existante. Nous avons donc commencé à chercher une solution et c’est ainsi que nous sommes entrés en contact avec l’hydroseeding via un exposant du salon Agribex. Très vite, nous avons acheté notre première petite machine montée sur une remorque. Elle avait une capacité de 1.500 litres. Il y a environ cinq ans, nous avons ensuite acheté une deuxième machine, plus grande. Elle a une capacité de 8 000 litres et est montée sur un plateau porte-conteneurs. De cette façon, nous pouvons travailler avec un tracteur équipé d’un système porte-conteneurs ou avec un camion. En pratique, nous accordons généralement la préférence au camion. Ce dernier permet également de faciliter les déplacements sur de plus longues distances.’
Un mélange adapté
L’hydroseed consiste en un mélange d’eau avec des fibres de bois, des semences (de gazon), de colle et éventuellement d’engrais ou d’améliorants organiques du sol.
Jeroen: ‘Dans 80% des cas, nous travaillons avec de la fibre de bois. Dans certains cas, surtout sur les pentes raides, nous appliquons aussi du Flex Terra. Ce sont des fibres plus longues qui tiennent mieux ensemble. Ce produit coûte deux fois plus cher que les fibres de bois classiques. De plus, il est également possible de travailler avec des fibres de coco. Elles constituent alors une bonne alternative aux célèbres tapis de noix de coco. Le réservoir de la machine comporte une grande vis sans fin qui mélange les différents composants en un ensemble homogène qui est ensuite pulvérisé. Selon les spécifications, une dose d’environ 250 grammes de mélange par mètre carré est pulvérisée avec des fibres de bois. Sur certains sites, comme les aéroports, il n’est pas rare d’épandre des doses allant jusqu’à 1 kg par mètre carré. Notre petite machine est équipée d’un enrouleur avec 45 mètres de tuyau et permet de traiter environ 600 m² par cuve. La grande machine possède à la fois un canon qui projette le mélange jusqu’à 50 à 60 mètres et d’un enrouleur avec 100 mètres de tuyau. Environ 2.500 m² peuvent alors être traités par cuve. Mais tout dépend de la pente et de la quantité à pulvériser pour que tout adhère bien et soit bien couvert. De cette façon, nous pouvons travailler presque partout.’
‘Selon le résultat souhaité, un mélange composé de trèfle ou, par exemple, un mélange de fleurs sera alors utilisé. Les mélanges de fleurs sont devenus très populaires ces dernières années. Parfois, l’orge est aussi semée pour obtenir rapidement une apparence verte. La colle que nous utilisons dans les mélanges offre d’une part un effet lubrifiant pour la machine et d’autre part une couverture optimale de la surface traitée. Cela aide aussi à prévenir les obstructions.’
De plus en plus d’applications
L’hydroseeding a été initialement développé pour semer des endroits difficiles d’accès, mais il est également utilisé pour prévenir la formation d’ornières sur les parcelles plus humides, pour éviter la poussière sur certains sites ou même pour ensemencer une piste de BMX. Jeroen: ‘Comme nous avons deux machines, nous pouvons aller presque partout. Nous pouvons aussi gérer des petits travaux comme semer entre des corbeilles de pierres. Les sacs avec des fibres de bois, de semences et la colle peuvent facilement être emportés dans la remorque, il suffit de trouver de l’eau à proximité. La pompe existante sert tant pour aspirer l’eau que pour pulvériser le mélange.’
Jeroen conclut: ‘La demande pour l’hydroseeding augmente de plus en plus, bien que pour nous cela reste une activité annexe en plus de notre offre existante. Les réglementations concernant les plantations évoluent rapidement, avec la construction de plus de verdure, d’oueds, de collines de jeux, etc. chacun d’eux peut être semé parfaitement avec ce système. J’ai l’impression qu’il y a aussi des endroits de plus en plus difficiles, avec des fosses et des couvercles par exemple, et où un semis ordinaire n’a pas beaucoup de sens. Après le semis, on ne voit pas de différences entre l’hydroseeding et un semis ordinaire.’